Et pourquoi pas dans le BAVU?
lundi 28 avril 2008 - Chalon-sur-saone
TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE CHALON
Le patron avait espionné ses employés
« Je pensais que j'étais chez moi et que je pouvais faire ce que je voulais chez moi. » Patron depuis 25 ans d'une entreprise d'ambulances du côté de Montceau-les-Mines, J., 60 ans, affirmait vendredi devant le tribunal correctionnel de Chalon : « Je ne savais pas qu'il était interdit d'enregistrer ses employés. » Il ne savait pas et il l'a fait. C'était en juin 2006. Deux salariées de l'entreprise de J. s'étonnent d'entendre un « bip » dans l'ambulance dans laquelle elles ont pris place et découvrent un dictaphone dissimulé derrière un extincteur. Les deux employées vont d'abord trouver leur patron. Ne s'estimant pas satisfaites des explications obtenues, elles vont porter plainte munies de la cassette. « Ce n'était pas elles que je voulais enregistrer ! Ce véhicule devait être emprunté par d'autres employés. »
« Faux » rétorquent M. et B., les deux plaignantes, « le planning était établi depuis longtemps. » Bref, on n'en saura pas plus sur les véritables intentions de J. « Vous avez pénétré par effraction dans l'intimité de vos salariés. Comment pouviez-vous ignorer que cela était interdit ? », lançait le président Raymond Pezzatti.
Ambiance délétère;
J. tentait d'expliquer sa démarche : « Des confrères m'avaient mis en garde sur le fait que certains de mes employés dénigraient mon entreprise. Je voulais les prendre sur le fait, savoir qui répandait ce genre d'information. Je voulais aussi avoir des preuves pour un éventuel recours aux Prud'hommes. Je ne pouvais pas tolérer que l'on dénigre de la sorte une entreprise familiale, où l'ambiance était bonne avant l'arrivée de nouvelles employées. » M. et B. qui travaillaient dans l'entreprise depuis 9 ans à l'époque des faits ne seraient pas « visées » par les propos de J. Aujourd'hui, elles ne travaillent de toute façon plus pour J. ayant été licenciées pour faute grave quelques mois après les faits : « Il nous a reproché d'avoir refusé la garde du 11 novembre. » « L'affaire a-t-elle été portée devant les Prud'hommes ? », demandait le président. « Oui » répondaient les deux ex-employées de J. « Faux » rétorquait l'avocat de la défense qui avançait plus tard un argument censé venir en aide à son client : « J. emploie une dizaine de salariés dont huit femmes. Ce n'est pas toujours facile de se faire obéir dans ces conditions, les salariées femmes émettent souvent des revendications. » Puis, brandissant un « diplôme » du « plus gentil patron » pour prouver que l'ambiance n'avait pas toujours été délétère dans l'entreprise de J., Maître Blanvilain expliquait que le « climat s'était dégradé en raison d'un conflit existant entre deux autres salariées. Depuis J. avait du mal à élaborer les plannings. » Pour le ministère public, Claire Lapointe estimait que J. avait « dérapé » en « captant des éléments de la sphère privée ». Elle demandait une amende de 2 000 euros dont 1 000 euros avec sursis. Le tribunal ira au-delà de ces réquisitions en condamnant J. à un mois d'emprisonnement avec sursis, à verser 300 euros à chacune des plaignantes et 1 euro à la CFDT qui s'était portée partie civile dans cette affaire.
Valérie Monin
TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE CHALON
Le patron avait espionné ses employés
| |
« Faux » rétorquent M. et B., les deux plaignantes, « le planning était établi depuis longtemps. » Bref, on n'en saura pas plus sur les véritables intentions de J. « Vous avez pénétré par effraction dans l'intimité de vos salariés. Comment pouviez-vous ignorer que cela était interdit ? », lançait le président Raymond Pezzatti.
Ambiance délétère;
J. tentait d'expliquer sa démarche : « Des confrères m'avaient mis en garde sur le fait que certains de mes employés dénigraient mon entreprise. Je voulais les prendre sur le fait, savoir qui répandait ce genre d'information. Je voulais aussi avoir des preuves pour un éventuel recours aux Prud'hommes. Je ne pouvais pas tolérer que l'on dénigre de la sorte une entreprise familiale, où l'ambiance était bonne avant l'arrivée de nouvelles employées. » M. et B. qui travaillaient dans l'entreprise depuis 9 ans à l'époque des faits ne seraient pas « visées » par les propos de J. Aujourd'hui, elles ne travaillent de toute façon plus pour J. ayant été licenciées pour faute grave quelques mois après les faits : « Il nous a reproché d'avoir refusé la garde du 11 novembre. » « L'affaire a-t-elle été portée devant les Prud'hommes ? », demandait le président. « Oui » répondaient les deux ex-employées de J. « Faux » rétorquait l'avocat de la défense qui avançait plus tard un argument censé venir en aide à son client : « J. emploie une dizaine de salariés dont huit femmes. Ce n'est pas toujours facile de se faire obéir dans ces conditions, les salariées femmes émettent souvent des revendications. » Puis, brandissant un « diplôme » du « plus gentil patron » pour prouver que l'ambiance n'avait pas toujours été délétère dans l'entreprise de J., Maître Blanvilain expliquait que le « climat s'était dégradé en raison d'un conflit existant entre deux autres salariées. Depuis J. avait du mal à élaborer les plannings. » Pour le ministère public, Claire Lapointe estimait que J. avait « dérapé » en « captant des éléments de la sphère privée ». Elle demandait une amende de 2 000 euros dont 1 000 euros avec sursis. Le tribunal ira au-delà de ces réquisitions en condamnant J. à un mois d'emprisonnement avec sursis, à verser 300 euros à chacune des plaignantes et 1 euro à la CFDT qui s'était portée partie civile dans cette affaire.
Valérie Monin
Publicité